La valse

La valse
Elle a mis le temps, la valse, à rédiger la préface
Où l'alchimie éphémère, du désir opère.
Elle à mis le temps, la valse, pour que tu me regardes
Et qu'enfin, tu acceptes la joyeuse galipette.

Elle a mis le temps, la valse, pour que tu me dises "oui
J'ai dû en faire des grimaces, avant que tu viennes dans mon lit !
Elle a mis le temps, la valse, à vouloir trop en faire
Pour souligner la farce de notre histoire ordinaire.

Elle a mis le temps, la valse, pour que tu me voies tel que je suis
Et pour que tu en déduises des conclusions qui me nuisent...
Elle a mis le temps, la valse, tu n'étais qu'une métaphore
J'ai vu ton vrai visage, bien après ton joli corps.
Elle a mis le temps, la valse, à réduire les amants
A des ombres sans vie, qui dansent au son de l'ennui.
Elle a mis le temps, la valse, à pourrir les sentiments
Des enfants qui balbutient des "je t'aime pour la vie !"

Bénabar
Photo : Robert Doisneau

# Posté le jeudi 14 juillet 2005 17:13

Modifié le mardi 26 juillet 2005 13:58

La rose

La rose
Au gré des combats
Je sens mon âme qui s'envole
Comme une feuille au vent,
Et qui s'en va
Et se pose au devant
Du lac lunaire,
Où les roses jonchent le sol.
Même la Lune est rose
Car elle voudrait te plaire,
Et se faire belle
Pour rejoindre celle
Qui la rendra moins morose
Et peuple l'univers
De ses yeux verts...


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# Posté le jeudi 14 juillet 2005 21:01

Modifié le lundi 08 août 2005 07:21

Le pêché

Le pêché

# Posté le jeudi 14 juillet 2005 21:06

Mistral gagnant

Mistral gagnant
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A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi
Et regarder les gens tant qu'y en a
Te parler du bon temps qu'est mort ou qui r'viendra
En serrant dans ma main tes p'tits doigts
Pis donner à bouffer à des pigeons idiots
Leur filer des coups d' pieds pour de faux
Et entendre ton rire qui lézarde les murs
Qui sait surtout guérir mes blessures
Te raconter un peu comment j'étais mino
Les bonbecs fabuleux qu'on piquait chez l' marchand
Car-en-sac et Minto, caramel à un franc
Et les mistrals gagnants

A r'marcher sous la pluie cinq minutes avec toi
Et regarder la vie tant qu'y en a
Te raconter la Terre en te bouffant des yeux
Te parler de ta mère un p'tit peu
Et sauter dans les flaques pour la faire râler
Bousiller nos godasses et s' marrer
Et entendre ton rire comme on entend la mer
S'arrêter, r'partir en arrière
Te raconter surtout les carambars d'antan et les cocos bohères
Et les vrais roudoudous qui nous coupaient les lèvres
Et nous niquaient les dents
Et les mistrals gagnants

A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi
Et regarder le soleil qui s'en va
Te parler du bon temps qu'est mort et je m'en fou
Te dire que les méchants c'est pas nous
Que si moi je suis barge, ce n'est que de tes yeux
Car ils ont l'avantage d'être deux
Et entendre ton rire s'envoler aussi haut
Que s'envolent les cris des oiseaux
Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie
Et l'aimer même si le temps est assassin
Et emporte avec lui les rires des enfants
Et les mistrals gagnants
Et les mistrals gagnants

Renaud
Photo : clip My immortal

# Posté le jeudi 14 juillet 2005 21:45

Modifié le jeudi 14 juillet 2005 21:58

Ces choses de la vie

Ces choses de la vie
"Un vieux meurt,
Une jeune fille vit..."
Après tout, c'est dans l'ordre logique des choses. Mon souffle se fait de plus en plus plus rare, je sens déjà que c'est la fin... Elle avait encore besoin de moi. Mais maintenant je ne peut plus rien pour elle.
J'entends les sirènes, on va pouvoir la sauver, je dois encore m'accrocher... pour un dernier regard sur elle. Les cheveux long et soyeux, le regard qui se crispe, elle a comprit... Alors elle vient se coller à moi. Ses yeux brillent même dans la nuit, ce sont ses larmes qui coulent.
Ils ne cesseront jamais de couler...
Et moi je ne cesserait jamais de penser à elle... L'éternité m'appartient maintenant...
Les frissons m'envahissent. Je sent la mort et en même temps j'entends les secours qui crient à cette jeune fille : "ne restez pas là"
Laissez là où elle est... elle n'y est pour rien.
J'entends sa voix à présent... tous les bruits son décuplés, l'attente est trop longue...
C'est cette jeune fille, elle me dit qu'elle ne pourra pas m'oublier, qu'elle s'appelle Cordellia... Mais je ne peu m'empêcher de l'apeller mon ange. Elle m'a transporté dans le bonheur...
Après les frissons, je sent une douleur, sans doute les balles qui m'ont traversés...
Maintenant qu'elle est hors de danger, maintenant qu'elle à comprit, je me laisse aller, soulever par le gouffre ténébreux , d'abord noir, puis blanc... D'abord les yeux qui se ferme, puis la mort...



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Photo : Clip Sexe de Saez

# Posté le vendredi 15 juillet 2005 19:37

Modifié le lundi 08 août 2005 08:37

Léo

Léo
__________Quand sa mère accoucha d'Léo
__________C'était pour mourir aussitôt
__________Dans les décombres d'un bistrot
__________C'était la guerre
__________Il a grandit on ne sait comment
__________En s'inventant plein de mamans
__________Des prostituées, des sans argent
__________La vraie misère

Comme il avait de l'aisance
Et n'était pas idiot
A son adolescence
Il devint gigolo
Dans le lit des femmes chics
Il fit don de ses dons
A vouloir trop de fric
On finit en prison

__________Dans la pénombre d'un cachot
__________On enferma le pauv'Léo
__________Avec les brigands les salauds
__________C'était l'hiver
__________"Parait qu't'était un prostitué"
__________Lui dit un gars dans sa chambrée
__________"Tu vas pouvoir nous réchauffer
__________Fait pas d'manières"

N'ayant plus le moral
Et voulant en finir
En ouvrant un journal il lu
Tu peut m'écrire
Mon p'tit nom c'est Lila
Toi tu est prisonnier
Si tu veux écris moi
Je s'rait ta liberté

__________Il a fallu bien des années
__________Avant que Léo soit relâché
__________Mais un beau jour c'est terminé
__________On le libère
__________Il va pouvoir la rencontrer
__________Celle qu'il appelle 'ma dulcinée'
__________Il va la couvrir de baisers
__________Il fait le fier

Il croise sur le trottoir
Un cercueil de bois noir
Salut les hommes en pleurs
Et dérobe une fleur
Il arrive excité
Et frappe tout essoufflé
Mais celle qu'il a aimé
Il vient de la croiser

__________Dans ce petit appartement
__________Y'avait pas grand chose d'important
__________Mais sur une table deux instruments
__________Et une lettre
__________"Mon p'tit Léo gâche pas ta vie,
__________Fait ca pour moi je t'en supplie
__________Prend cet archet et cette scie
__________Devient honnête"

Dans la rue il s'installe,
Joue d'la scie musicale
Mais il joue tellement mal
Que même les sourds en parlent
Les voisins excédés
Par tant d'bonne volonté
Un jour furent obligés
De l'chasser du quartier

__________Et puis un jour dans les bistrots
__________Qu'y s'passait rien de très nouveau
__________On a pu lire dans les journaux
__________Ce fait divers
__________"On a r'trouvé sous un camion
__________Le corps d'un pauvre vagabond
__________Les bras sciés et un archet
__________Un vrai mystère"

Les hurlements d'Léo
Photo : clip my immortal d'évanescence

# Posté le samedi 16 juillet 2005 15:15

Modifié le samedi 13 août 2005 10:28