à vos marques, prêt, votez...

à vos marques, prêt, votez...
Si l'envi vous prend de voT pour moi,
Rendez vous sur : http://sinklife.blogtrafic.com
et aussi sur http://www.boosterblog.com
Voila, jen profite osi dir merci a tous pr les coms!
a+

# Posté le dimanche 31 juillet 2005 15:21

Modifié le dimanche 21 août 2005 14:54

N'importe n'awak

N'importe n'awak
Ma vie est un enfer sans que sans que je ne le veuille
Quand je serai sous terre personne ne portera le deuil
Car je n'ai pas d'amis et je ne fais que des conneries
On me traite de "raté loupé taré pédé pourri"
Pourquoi pédé ?
Parce qu'un jour me promenant Boulevard Barbès
Je sens sous mon blouson une main sur mes fesses
Je me retourne et ma parole je vois un sex-symbol
A qui je roule une pelle et qui s'appelait Paul

N'importe n'awak
Tu fais n'importe quoi tout le temps...

Pour conduire la voiture attention l'aventure
Quand tu me mets sur la route ça devient Beyrouth
Et pourtant je m'appliquais pour éviter la colle
Vu le fric que je raquais dans mon auto-école
Mais pas de bol... ide GT Turbo qui me colle au cul
Le moniteur flippé qui me demande si je l'ai vu
Un ½il dans le rétro pour vérifier ce qu'il me dit
Juste le temps qu'il me faut pour prendre le sens interdit

N'importe n'awak
Tu fais n'importe quoi tout le temps...

Attends...
Tu sais si c'est vrai que tu fais des conneries
C'est pas toi qui as construit des bureaux vides à Paris
T'as pas balancé des chars sur la place Tien An Men
T'as pas balancé d'arabes en 61 dans la Seine
T'as pas truffé tes frontières de mines antipersonnelles
T'as pas acheté d'actions, surtout les actions du tunnel
Sous la Manche
Tu baises pas à la Maison Blanche
T'emmènes pas des collégiens faire du ski dans une avalanche
T'as pas pris en viager la maison de Jeanne Calmant
T'as pas manifesté contre l'avortement
T'as jamais affirmé que c'était un détail
T'as pas fait sauté 5 étages au FBI
Tu commentes pas le football sur TF1
T'as pas loupé ton virage à 260 en Formule 1
T'as pas inventé le course du Paris-Dakar
T'écris pas des blagues pourries pour Carambar
T'as pas shooté les flics sur la place de la Nation
C'est pas toi qui as décidé la dissolution
T'as jamais transfusé le Sida à des hémophiles
C'est pas toi qui as dessiné les plans de Tchernobyl
T'as pas décimé les aztèques, les mayas, les protestants,
Les juifs, les albanais, les tutsis, les hutus, les croates,
Les kurdes, les tziganes, les tibétains ni les apaches
Tu rentres pas dans les églises à coup de haches

Alors tu vois...
C'est cool !

Les wriggles
Photo : Moi et matt

# Posté le vendredi 05 août 2005 14:47

Modifié le vendredi 05 août 2005 15:12

Il n'y a pas d'amour heureux

Il n'y a pas d'amour heureux
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*


Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce


Il n'y a pas d'amour heureux

Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes


Il n'y a pas d'amour heureux

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent


Il n'y a pas d'amour heureux

Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare


Il n'y a pas d'amour heureux

Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs


Il n'y a pas d'amour heureux

Mais c'est notre amour à tous les deux

Louis Aragon (La Diane Francaise, Seghers 1946)

# Posté le dimanche 07 août 2005 15:41

Modifié le dimanche 07 août 2005 17:50

Ma bohème

Ma bohème
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot soudain devenait idéal;
J'allais sous le ciel, Muse, et j'étais ton féal;
Oh! là là! que d'amours splendides j'ai rêvées!

Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!


Arthur Rimbaud

# Posté le dimanche 07 août 2005 17:04

Modifié le dimanche 07 août 2005 17:49

Lorsque tu fermeras mes yeux....

Lorsque tu fermeras mes yeux....
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*

Lorsque tu fermeras mes yeux a la lumière,
Baise-les longuement, car ils t'auront donné
Tout ce qui peut tenir d'amour passionné
Dans le dernier regard de leur ferveur dernière.

Sous l'immobile éclat du funèbre flambeau,
Penche vers leur adieu ton triste et beau visage
Pour que s'imprime et dure en eux la seule image
Qu'ils garderont dans le tombeau.

Et que je sente, avant que le cercueil ne se cloue,
Sur le lit pur et blanc se rejoindre nos mains,
Et que près de mon front, sur les pales coussins,
Une suprême fois se repose ta joue.

Et qu'après je m'en aille au loin avec mon coeur
Qui te conservera une flamme si forte
Que même à travers la terre compacte et morte
Les autres morts en sentiront l'ardeur.


Émile Verhaeren

# Posté le dimanche 07 août 2005 18:00

Modifié le lundi 08 août 2005 06:25

Le vase brisé

Le vase brisé
Le vase où meurt cette vervaine
D'un coup d'éventail fut fêlé ;
Le coup dut l'effleurer à peine,
Aucun bruit ne l'a révélé.

Mais la légère meurtrissure,
Mordant le cristal chaque jour,
D'une marche invisible et sûre
En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte,
Le suc des fleurs s'est épuisé ;
Personne encore ne s'en doute,
N'y touchez pas, il est brisé.

Souvent aussi la main qu'on aime
Effleurant le coeur, le meurtrit ;
Puis le coeur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt ;

Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde :
Il est brisé, n'y touchez pas.

Sully Prudhomme

# Posté le dimanche 07 août 2005 18:31

Modifié le lundi 08 août 2005 18:56